Thursday, July 8, 2010

Juin : les partiels sont finis !

8 films en un mois (et 2 livres, plum plum plum), on voit bien qu'en Juin j'ai pas eu beaucoup de travail ! Contrepartie : cet article est un peu long ^^

Accroche-toi Anna !, Isabel Wolff, 2008
Un bon petit Isabel Wolff, comme il y a longtemps que je n'en avais pas lu. L'auteure a le rare talent de réussir à faire des livres toujours agréables et plein de surprises (et parfaitement anglais) en reprenant peu ou prou toujours les mêmes ingrédients. Une héroïne qui travaille dans les médias, proche de la trentaine, avec une situation amoureuse bancale (larguée à l'autel, mère célibataire, en instance de divorce...) et un tout un tas de secret qui l'entoure (mais on n'est pas dans Amour gloire et beauté, alors les secrets c'est plutôt "comment ma nounou colombienne gagne-t-elle autant d'argent ?"). Si les histoires d'amour sont plutôt sans surprise, la résolution des "mystères" est toujours inattendue, même au bout de 7 livres, et c'est ce qui donne tout leur charme à ces romans.
Parfait si : vous voulez vous détendre pendant des vacances.
Moins bien si : vous en avez marre des ces romans à l'eau de rose où l'héroïne finit toujours par trouver chaussure à son pied.



The One Hundred: A Guide to the Pieces Every Stylish Woman Must Own, Nina Garcia, 2008
Le titre dit tout pour moi. Une compilation plus ou moins exhaustive de l'armoire dont rêvent toutes les filles. A ne pas prendre au pied de la lettre bien sûr, mais toujours utile pour rêver un peu et apprendre quelques anecdotes intéressantes sur l'itinéraire des vêtements. Superbement illustré par Ruben Tolledo, aussi.
Parfait si : vous n'êtes pas un garçon.
Moins bien si : vous avez peur que ça ne déclenche une crise d'achats compulsifs.







The Prestige, Christopher Nolan, 2006
Sans conteste un de mes films préférés, nettement mieux que L'illusionniste dans la catégorie "film de magiciens-pour-de-faux". Parce que ici pas de baguette magique, juste des bons vieux tours de magie réalisés grâce à toute sorte de machines bizarres. Le film s'axe sur la rivalité entre 2 magiciens ;l'histoire, racontée grâce à plusieurs mises en abîme, est en fait construit comme un grand tour de magie. De très bons acteurs (dont David Bowie en savant avant-gardiste), des tours de magie impressionnants, de la science pas trop fantaisiste (ou pas), d'excellents rebondissements et une solution tellement simple qu'on y avait pas pensé. Bref, je vous le conseille fortement - le livre aussi, mais accrochez-vous pour le lire en VO.
Parfait si : vous en avez marre d'Harry Potter - vous voulez apprendre de nouveaux tours pour draguer en soirée - vous aimez Scarlett Johansson en corset et porte-jaretelles.
Moins bien si : vous êtes toujours déçus quand la solution d'un mystère est la plus simple possible.

Revolutionary road, Sam Mendes, 2009
Il m'aura fallu longtemps pour réussir à le voir (en particulier parce qu'on avait refusé de m'accompagner au cinéma "parce que c'est un film de fille"), mais en fait j'aurais pu attendre encore. Je ne sais pas si j'ai été influencée par les nombreuses critiques que j'ai lu avant (et ma sœur qui m'a gentiment spoilé la fin), mais j'ai eu beaucoup du mal à m'attacher aux personnages. J'ai surtout trouvé April égoïste et immature, avec une idée de l'amour plus digne d'une midinette que d'une femme de 30 ans. ça reste tout de même un film très bien joué, et qui dépeint assez bien le quotidien et les limites d'un couple dans les années 60.
Parfait si : vous aimez les films "intellectuels" qui vous engage à une longue réflexion sur le couple, la mort, la cellulite, l'avortement.
Moins bien si : vous êtes en pleine déprime (surtout post-partum).



Là-haut, Disney Pixar, 2009
Il y a longtemps qu'un Disney ne m'avait pas fait pleurer - le dernier étant le Roi Lion (qui marche à chaque fois). L'histoire reste tout de même simpliste, avec les mêmes clichés qu'on voit arriver 20 minutes avant leur révélation ("han, je parie qu'en fait son père ne s'occupe pas de lui"), mais on ne s'ennuie pas un instant grâce à un mélange très bien dosé émotions/action/humour (je kiffe Kevin) et le graphisme est superbe (surtout pour les ballons).
Parfait si : vous êtes un enfant obèse dont tout le monde se moque à la récré, mais que vous voulez avoir la preuve que votre poids n'est pas nécessairement un handicap pour courir le 100 mètres.
Moins bien si : vous n'arrivez pas à ignorer les lois fondamentales de physique pendant 1h30 (mes cours de 1èreS ont du se retourner dans leur classeur à l'idée d'une maison soulevée par des ballons).




Essaye-moi, Pierre-François Martin-Laval, 2005
Un film fait par un Robin des Bois, avec le même RdB comme acteur (et Julie Depardieu qui essaye de passer pour fille qu'on aurait envie d'épouser pendant 20 ans, au point de devenir astronaute pour elle) (et Pierre Richard qui joue très bien le vieux déchet étourdi). sérieusement, le meilleur acteur dans ce film c'est un pingouin ! Je ne sais pas si ça vient de l'humour des RdB dont je ne suis pas fan à la base, mais je ne trouve vraiment rien à garder dans ce film : les personnages sont tous plus agaçants les uns que les autres, les blagues tombent à plat une à une, et la fin est tellement convenue que ça ne valait même pas la peine de regarder le film pour en arriver là.
Parfait si : vraiment, je ne trouve pas... cloué au lit avec une grippe, peut-être ?
Moins bien si : vous voulez voir un film bien.



Glee season 1, 2009
Pas vraiment un film, mais comme j'ai regardé 22 épisodes en 5 jours, la saison 1 de Glee a quand même une place ici. A réserver à ceux qui ont toujours rêvé d'un Grease version série télé. Les intrigues ne sont pas forcément passionnantes, avec un petit côté satirique dont on n'arrive pas à déterminer si il est volontaire ou pas. Par contre la série fait très fort dans sa galerie de personnages principaux volontairement (j'espère) totalement clichés ; mention spéciale à Sue Sylvester, fantastique coach acâriatre des pompom girls.
Parfait si : vous voulez (re)découvrir des classiques américains, dont certains ne sont jamais sortis des Etats-Unis et on comprend pourquoi.
Moins bien si : vous avez du mal avec les sales pestes en cardigan angora qui jouent les divas.



Une arnaque presque parfaite, Rian Johnson, 2008
Pour moi, mon film référence sur les arnaques, c'est Cash, avec Jean Dujardin (que je vous conseille vivement si vous ne l'avez pas encore vu). Du coup en comparaison, ou sans comparaison d'ailleurs, ce film-ci est très décevant. On s'attend à un film sympathique, avec quelques instants comiques mais surtout un voir deux ou trois twists finaux. Et là, rien ; pas le moindre second degré, et malgré tout une histoire si bancale qu'on ne la comprend pas même en VF. Quelques bonnes trouvailles restent, en particulier l'acolyte japonaise et l'univers désuet dans lequel les personnages évoluent. Mais ce n'est pas vraiment assez pour sauver les film.
Parfait si : quelqu'un veut se dévouer pour voir le film et essayer de m'expliquer la fin.
Moins bien si : vous voulez être surpris par le dénouement.



Les Indestructibles, Pixar, 2004
C'était mon mois (re) visionnage de film Pixar ^^. Deuxième fois que je vois celui-ci, et je le trouve toujours pas trop mal. Pas fantastique mais pas mauvais non plus. On y retrouve (encore) les ingrédients habituels : de l'humour, des discours rédigés par un première année en fac de psychologie, de l'amûûûr, un méchant complétement crétin et des pouvoirs de super-héros. Ca fait passer une soirée sympa mais c'est pas inoubliable, quoi. Par contre, j'aime bien toute la galerie de super héros que les créateurs ont imaginés pour l'occasion.
D'ailleurs, j'ai revu Ratatouille aussi, et les 2 se valent, donc juste 2 remarques supplémentaires : 1) ne pas le regarder quand on a faim et un frigo vide ; 2) la version anglaise est quand même très lol.
Parfait si : vous aimez Pixar.
Moins bien si : pour vous, le seul, le vrai, c'est Spiderman (ou Batman) (ou Wonderwoman) - vous pensez que les rats sont des nuisibles qu'il faut éradiquer (et sûrement pas de charmantes bestioles gouzi gouzi).

La secrétaire, Steven Shainberg, 2002
Sans aucun doute le film le plus bizarre de la sélection. Une histoire d'amour entre un avocat qui aime donner des fessées et sa secrétaire qui aime les recevoir. Un sujet qui peut paraître un peu trash, mais au film un beaucoup plus soft que pas mal de films d'auteur français - d'ailleurs jusqu'au dernier quart d'heure du film on ne voit rien de plus de Maggie Gyllenhal que ce qu'il y a sur l'affiche. Apparemment, le film est plutôt culte dans le milieu SM : "Some dominants and submissives go their whole lives without finding each other. Its nice to see a film that shows that there is hope." Par contre, je vous déconseille la VF qui pue un peu. 







Ouf, c'est tout pour ce mois-ci ! 
Pas de MàJ avant au mieux le 14, au pire le 22.

Wednesday, July 7, 2010

Unterschiede

en vrac, quelques remarques sur la vie en Allemagne que c'est pas comme en France mais c'est pas si mal pour autant :

- ils vendent des Haribos chez Liddl. Des gummy bears même, par paquet de 300g à 2€. Ici, pas besoin de prendre l'autoroute pour acheter 100g d'ours en gelée à 4€, tout en se demandant si on aurait pas mieux fait d'acheter les frites Haribo tout aussi chères.

- donc oui, le supermarché national pour s'en tirer pour moins de 40€ la semaine de courses, c'est Liddl (ou Aldi). Beaucoup moins connoté mauvaise qualité qu'en France, il se rapproche plus de Leader Price. Après, malgré le rayon bonbons bien fourni, niveau choix c'est pas toujours la joie (sauf pour les saucisses, mais ça j'en parlerai dans un autre article).

- Les allemands mangent de la glace tout le temps, à n'importe quelle heure du jour (et à n'importe quelle saison, mais pour le moment c'est l'été donc ça peut sembler logique). Et pas un pauvre cornet 2 boules à 3€, non non non (déjà, les 2 boules vous coûtent 1€40). Ici la glace c'est un peu le concours de celui qui arrivera à faire tenir le plus de sorbets + fruit frais + biscuit + chantilly + coulis de fruits rouges dans le récipient le plus réduit. D'ailleurs vous en avez un exemple ici.

- En été l'Allemand porte des sandales. Moches, la plupart du temps - pensez plus Méphisto que spartiates. Mais en plus, il aime porter des chaussettes dedans, tout âge, sexe et type de chaussettes confondus. Des soquettes en dentelle, des mis bas, des grosses chaussettes en laine... Je veux bien qu'ils privilégient le confort au détriment de l'élégance, mais il me semble que le port de la chaussette fait perdre son but (i.e. rafraîchir le pied) à la sandale.

 pas du tout comme ça...
 ... mais plutôt comme ça (et dire qu'il y a cette photo sur mon blog désormais >.<)

- Heureusement, pour se rafraîchir, il peut toujours boire de la bière (1,5 L le midi avant de retourner bosser pour certains...). Jamais d'eau plate, et surtout, jamais d'eau du robinet (c'est très impoli d'offrir de l'eau du robinet à quelqu'un, apparemment). Du coca ou du jus de fruits à la rigueur. Le mot d'ordre général est "pas d'alcool, donc du sucre et/ou des bulles".

- L'autre mythe vrai sur les Allemands, à part celui de mangeur de saucisses, c'est qu'il ne paye que par billets. De préférence de 50€, et ça ne le dérange pas de se balader avec une vingtaine sur lui. D'ailleurs, dans un restaurant, il préférera payer plus pour obtenir un compte rond, plutôt que de devoir récupérer des centimes. J'imagine que ça fait le bonheur des serveuses, qui s'excusent platement quand elles doivent rendre la monnaie en pièces à défaut de billets.

C'est tout pour aujourd'hui ! J'ai plusieurs autres billets sur l'Allemagne en gestation (et une liste d'idées diverses sur 2 post-its). Mais je ne pense pas qu'il y aura de MàJ (mis à part le CultureM de juin) d'ici à la semaine prochaine au mieux, pour cause de week-end prolongé à 2 et de voyage en Suisse.

Sunday, July 4, 2010

Week-end avec la charmante Pauline

On commence par un repas de midi à base de glace...

... et en Allemagne, on ne rigole pas avec les glaces !

Une vue de la Kaiserstrasse, une des principales rues commerçantes.

A une semaine de la finale, juste avant le match de quart de finale gagné :D

Marktplatz

Et la pyramide juste au centre, qui surplombe la crypte contenant le tombeau du fondateur de la ville.

Une statue du dit-fondateur devant son château.

Encore une photo du château, avec un ciel magnifique qui ressemblait beaucoup au plafond d'une église baroque.

Dans le parc juste derrière, il a des "oeuvres" exposées ; l'une d'entre elles était des peluches attachées à un arbre par des ficelles. La plupart était maltraitées par les passants (une peluche de lapin décapitée...), donc on n'a pas résisté à sauver un petit ours de Noël.

Le plaisir d'avoir un jardin en été : manger dehors (et beaucoup trop ce week-end ^^). Au menu, repas indien, crumble aux pêches, génoise noisettes/café...

Ce matin, visite du musée de la fabrique de céramique Majolika, qui a ouvert en 1900. Ces danseuses datent de 1910.

Un exemple de production plus moderne (celle-ci était en vente pour 165€, hélas ^^).

C'est tout pour aujourd'hui ! Peut-être des photos de moi la prochaine fois, quand j'aurai récupéré les photos de Pauline ^^

Thursday, July 1, 2010

summer books



Bon, à l'origine c'était plus ou moins censé être un pays = un livre, mais pour certain ça a complétement dévié (par exemple l'Allemagne ou l'Espagne). Par contre, comme c'est censé être pour les vacances, j'ai pas mal puisé dans ma bibliothèque "de fille", donc il y a quelques jolis sommets de kitsch. Le pire est sans doute Angélique, mais rah j'ai trop envie de le relire en ce moment !
Sinon, si comme moi vous aimez l'infuseur yellow submarine, et que contrairement à moi vous buvez du thé, vous pouvez l'acheter ici.
Ce week-end je fais un article sur l'Allemagne, promis. Et si vous le l'avez pas vu, j'ai changé de girl et cutie of the month (logique...) ^^

Tuesday, June 29, 2010

interview blender

à l'origine je voulais faire un article sur l'Allemagne, mais ma semaine n'a pas vraiment bien commencé, donc en ce moment j'ai plus envie de rentrer à Toulouse que de m'appesantir sur les travers teutons. Par conséquent, un article sans rapport, qui satisfait mon envie de mettre à jour et ma flemme d'écrire.

Nom : Camille
Age : 20 ans
Nationalité : Française
Métier : Etudiante (et bientôt ingénieur en physique \o/)

Vos musts : une robe, des ballerines, des boucles d'oreilles et des lunettes de soleil
Votre fashion blocage : le beige - les coutures mal faites
Votre dernier achat compulsif : une paire de derbys pour cet hiver, chez André - pas vraiment compulsif puisque je les avais repéré depuis longtemps, la pulsion venait surtout du partiel raté dans la même après-midi
Votre dernier caprice : le dernier je ne me souviens pas, le prochain ça sera demain pour les soldes Lupin Lapin
Votre prochaine lubie : des lunettes de soleil super-mouches ou des sandales à talon en bois
Un accessoire : des boucles d'oreilles
Dans votre sac/ dans vos poches : un livre, un parapluie, mon portable
Un designer : Antoine et Lili (dire que je rate les soldes français >.<)

Un moment de détente : me poser du vernis à ongles le dimanche soir
Un parfum : pas de parfum fixe, le suivant devrait être Imperatrice de Dolce & Gabbana
Jamais sans (maquillage fétiche) : du crayon noir et du mascara noir Diorshow Blackout
Un sport : le vélo (en ce moment je découvre la joie de faire du vélo sans porter de vêtements moches, et j'aime ^^)

Salé ou sucré ? salé 65%, sucré 35%
Votre arme de séduction gastronomique : le gâteau au chocolat
Votre péché mignon : les cerises
Votre food blocage :
les cardes, le pot-au-feu
 Une expression : ça craint

Un juron :
putain !
Une rue de Paris :
place Vendôme
Une nationalité :
française, ça me va très bien
Une adresse :
Trait, rue du change à Toulouse
Une ville :
Londres

Une pièce de votre appartement :
j'en ai qu'une, alors c'est simple :D
Un lieu de rêve :
une véranda/salle de bains (dans mon esprit ça rend bien)
La faute de mauvais goût :
j'en découvre de nouvelles tous les jours grâce au talent vestimentaire des allemands
Un plaisir inavouable :
m'épiler les sourcils (d'ailleurs parfois ça me joue des tours...)
Une phobie :
les cheveux (surtout mouillés) coincés sous l'encolure d'un pull en laine
Un moment sacré :
le soir quand je brode ou je couds
Dans votre voiture :
si j'en avais une, une paire de ballerines de secours
Un moment de solitude :
le matin au petit-déjeuner
Le métier dont vous rêviez enfant :
nez ou détective privé (la faute à Alice et aux soeurs Parker)

Un héros littéraire :
Philippe de Plessis-Bellière
Le personnage d'une série :
Bree van de Kamp (étonnant, non ?)
Un tableau :
Mademoiselle Rivière, Ingres
Un livre culte : Rebecca, Daphné du Maurier
Votre playlist en voiture :
ce qui passe à la radio, sur la station captée à ce moment-là

Sunday, June 27, 2010

You're so small

Il faut du temps pour s’apercevoir qu’on est petit – plus petit que la moyenne. On se dit qu’on est un enfant, qu’on est aussi petit que tous les enfants autour de soit, et qu’un jour on sera aussi grand que nos parents. Bien sûr, on a entendu notre mère dire qu’on était un bébé minuscule, qui portait des vêtements taille 3 mois jusqu’à nos 6 mois, mais ça n’a pas vraiment de sens, on a tout oublié, et puis on ne fait pas vraiment de lien entre notre taille de nouveau-né et notre taille définitive. On ne s’aperçoit pas encore que même nos parents sont assez petits pour des adultes. Et puis, avec les années, on finit par s’intéresser un peu plus à ce que le médecin note dans notre carnet de santé, et on s’aperçoit qu’on est toujours en dessous de la courbe de croissance. Mais ça n’est pas grave, la croissance n’est pas finie, la preuve maman, j’ai mal aux jambes tous les soirs, donc ça veut dire que je grandis. Et puis tant pis, peut-être que je suis plus petite que les autres filles, mais moi je porte déjà un soutien-gorge et pas elles, ahahah. Mais bon, à la fin du collège, quand on porte toujours les mêmes vêtements qu’en cinquième, et que malgré notre insistance le médecin considère que c’est inutile de nous re-re-remesurer pour être sûr qu’il n’a pas oublié un centimètre, il faut bien se résoudre. C’est vrai, je fais moins d’un mètre soixante (1m59, c’est pas de chance quand même), et je ne grandirai plus jamais. En 1900 j’aurais été plus grande que la moyenne nationale ; aujourd’hui je dois me contenter d’être plus grande que la moyenne familiale (ce qui ne veut pas dire grand-chose, comprenez bien).

Etre petite, ça veut dire avoir toujours hors de portée tout ce qu’il y a sur les étagères supérieures, et devoir chercher continuellement quelque chose sur quoi grimper pour y avoir accès. Très pratique dans les supermarchés, de devoir monter sur le bord de la gondole des yaourts (surtout en jupe…).
Ca veut dire avoir un choix limité dans les vélos ou les voitures qu’on peut conduire (ou alors très dangereusement, surtout pour la voiture).
Ca veut dire être constamment obligée de lever la tête pour regarder les gens, et leur arriver à peine plus haut de l’épaule. Dans les transports en commun, ça veut dire se prendre toujours des coups de sac à dos dans la figure (connards de collégiens qui font 1m70 et n’ont même pas fini leur croissance !) ou avoir le nez au niveau des aisselles des usagers (très conseillé en été, surtout dans le métro parisien aux heures de pointe…). Dans une foule, ça veut dire ne pas voir plus loin que l’épaule de son voisin, ce qui est un tantinet anxiogène je trouve (en cas de mouvement de foule, c’est bien connu que les petits sont les premiers piétinés).
Ca veut dire aussi devoir toujours faire 10 ou 15 centimètres d’ourlet à un pantalon, et devoir subir les remarques des vendeuses, qui elles font 1m80 et vous regarde de haut dans tous les sens du terme. Ça veut dire ne pas acheter de pantacourt, parce qu’ils sur vous il a juste l’air d’un pantalon trop court. Ça veut dire que la plupart des robes ou jupes vous arrivent en dessous du genou – pas de chance, vous ne pouvez pas exactement vous permettre de porter des vêtements qui coupent la silhouette. Ça veut dire aussi que les trois quarts des vêtements conseillés par les magazines de mode ne vous seront jamais adaptés.

Heureusement, il n’y a pas que des points négatifs. Etre petite, ça veut dire que les gens se proposent naturellement de vous aider à attraper quelque chose pour vous sur l’étagère (apparemment, ça réveille l’instant protecteur du mâle ou je ne sais quoi). Ça pousse les gens à être plus gentil avec vous, du moment que vous agissez comme une pauvre petite chose effarouchée (j’imagine que ça marche moins bien si vous faites 1m80). Vous pouvez vous glisser dans plein de petits trous. Vous ne peinez pas trop à trouver des chaussures, et vous pouvez même vous habillez au rayon enfants. Et surtout vous êtes moins effrayante (et plus "féminine", apparemment) qu’une fille d’un mètre 80.
Mais si je pouvais juste avoir 6 centimètres de plus… Allez quoi, 1m65, c’est pas grand-chose !

dessins : Angéline Melin

Saturday, June 26, 2010

Kunsthalle and the joy of jelly

La Kunsthalle de Karlsruhe, musée spécialisé dans les peintres allemands, français et hollandais du Moyen-Âge au 19ème siècle. Rien compris au sens de la visite, j'ai commencé par la salle 63 et me suis complétement perdue dans les couloirs :D

Le plafond dans les salles du musée - aucune idée de son ancienneté par contre.

 L'intérieur de la chapelle de l'artiste allemand Thomas. Sur le panneau photographié, en haut vous avez des gravures des signes astrologiques, en-dessous des représentations des mois de l'année, et en bas des dieux romains. L'entrée est encadrée de carreaux de faïence peints à la main, et de vitraux.

Mes amies les abeilles, d'un peintre allemand qui ne devait pas avoir beaucoup d'amis

La naissance de Marie, d'un peintre qui ne s'embarrassait pas avec les proportions anatomiques :D

Wir sehen dir, Miroslaw Balka : "l'œuvre d'art" ici, c'est l'espèce de cage que l'artiste a installé un peu partout pour "modifier notre perception de notre environnement et des œuvres alentours". Oui...

Le bout du musée qui se trouve dans le parc du château.

Le petit étang du parc, que je n'avais pas pu photographier la dernière fois à cause de l'agonie de mon appareil photo :)

Mon repas du midi - je mange typiquement allemand, comme vous pouvez voir :P (et oui, j'aime prendre en photo les fleurs et ce que je mange ^^)

Il y a un Lush à Karlsruhe \o/ et j'ai acheté joy of jelly \o/

Un joli bâtiment à côté de Marketplatz, mais en travaux donc je n'ai pas pu aller voir ce que c'est.

Encore un joli bâtiment dont j'ignore la fonction ^^

C'est tout pour la journée ! Un peu plus de photos, mais moins jolies que la semaine dernière d'après moi. Demain je vais aller explorer un peu plus les alentours de Karlsruhe. 
Et j'ai en court de rédaction un ou deux articles sans aucun rapport avec l'Allemagne, parce que raconter mon quotidien ici c'est pas forcément ce qui m'intéresse le plus.
Sans aucun rapport, le blog étant maintenant public, il y a un flux rss auquel vous pouvez vous abonner - par contre j'ai l'intention de changer certaines choses chaque mois, donc n'oubliez de aire un tour ici de temps à autre.

Friday, June 25, 2010

Forschungszentrum Karlsruhe

Parlons donc un peu de stage, puisque c'est la raison de ma présence en Allemagne (sinon j'aurais mis mes tongs, mon maillot de bain, mes lunettes de soleil et mon amoureux dans une valise, et j'aurais embarqué tout ça avec moi direction une île tropicale avec du sable blanc et de l'eau turquoise à perte de vue).

 à la place j'ai atterri là. Presque pareil...

Je fais mon stage à KIT (Karlsruher Institut für Technologie), qui est une université assez énorme en taille : l'université en elle-même, qui est la 3ème d'Allemagne, se trouve en ville, juste à côté du château (je l'ai raté l'autre fois parce que je ne le savais pas, j'y retourne demain) ; pour ma part, je travaille au centre de recherche, qui est à Eggenstein (là où je vis) et complétement séparé de l'université. En gros imaginez-vous un campus de 4000 chercheurs, étendu sur 1,5km (d'où l'intérêt du vélo), avec 2 banques, un mini-supermarché, un des premiers réacteurs d'Allemagne de l'Ouest et une tour assez gigantesque (mais d'utilisation inconnue ^^). Pour ma part je travaille tout au bout de campus, à l'Institut für Materialforschung (Institut pour la recherche sur les matériaux).


 Une sculpture qui imite très bien (avec des détails très jolis) à l'entrée du campus. Et au fond, c'est la cantine.

Un petit mot rapide sur le sujet (je vais (essayer de) faire court et pédagogue pour les non-physiciens de l'assemblée). Pour reprendre les bases (qui ne sont pas du tout issues de ma formation, mais juste acquises sur wikipédia cette semaine - c'est très rassurant pour la suite), le cœur d'une centrale nucléaire est constitué de tubes de Zirconium (Zr) remplis de granules d'uranium radioactif. Il est évidemment très chaud, d'où la nécessité de le refroidir en permanence, et beaucoup de dangers s'il n'est plus refroidi (mais j'y reviendrai dans un autre article). Au cas échéant, pour un refroidissement d'urgence, on va envoyer de l'eau sur le cœur du réacteur. A cause de la température, celle-ci va immédiatement se transformer en vapeur d'eau, de formule chimique H2O. ça va jusqu'ici ? La molécule va se séparer en 2 : l'hydrogène est en liberté dans l'atmosphère (d'où un risque d'explosion) et l'oxygène va partir oxyder le Zirconium. Auquel cas on rencontre 2 problèmes : 1) le Zr n'aime pas trop l'oxydation, qui a tendance à le rendre tout chafouin et peu résistant et 2) H accélère l'oxydisation. Le premier phénomène est connu, et il existe des normes nucléaires pour déterminer le niveau maximum sûr d'oxydation. Pas de bol, le second, qui modifie quand même pas mal la cinétique de la réaction, n'a pas été pris en compte jusqu'à maintenant. Et donc je vais travailler dessus, pour tenter de déterminer la quantité d'hydrogène absorbée par des tubes de Zr.

 Après tous ces efforts, vous avez bien mérité une petite méduse ^^

C'est bon, vous avez tout suivi ? On repasse aux choses plus simples, maintenant ^^ Pour le moment je n'ai pas vu beaucoup mon maître de stage, puisque nos bureaux ne sont pas dans le même bâtiment. Il a l'air gentil, et il porte des pantoufles quand il est dans son bureau... La communication n'est pas toujours facile, puisque je n'ai jamais appris à parler physique/chimie en allemand, et que l'anglais il ne maîtrise pas forcément. Mais bon, grâce à beaucoup de gestes et pas mal de recherches sur wikipedia ScienceDirect, on arrive quand même à se comprendre. Et moi à comprendre mon sujet, ce qui est quand même le principal. Notez que c'était pas gagné au début, puisque le nucléaire n'est pas du tout quelque chose que j'étudie, et qu'il y a environ une semaine je ne savais même pas comment était fait le cœur d'un réacteur.
Le reste de l'équipe est plutôt gentille avec moi, même si c'est très énervant de ne pas pouvoir communiquer plus avec eux, et surtout de ne jamais trouver le bon mot au bon moment. La plupart des gens sont quand même agréablement surpris de découvrir que je parle allemand. Par contre ça les pousse à me parler tout à fait normalement (et pas lentement genre enfant de 6 ans), ce qui est fort tragique puisqu'ils ont un vieil accent tout moche dans ce land...

Voilà tout pour aujourd'hui, je vais laisser mon amie la tortue conclure :

Elle n'est pas à moi mais je l'aime. En plus elle fait pouic pouic quand on appuie dessus :D