Saturday, September 20, 2008

la confiture de fée est en Vogue (attention, je me fais des blagues toute seule)

J'ai reçu le nouveau Vogue. Genre, le seul auquel je voulais pas réellement m'abonner est celui qui trouve le mieux le chemin de ma boîte aux lettres (puisque de Cosmo, point de coin de page visible).
Pour Octobre, ils ont donc fait un numéro spécial "classiques", et ils ont demandé à Martin Margiela de détourner "les classiques, les siens comme ceux des autres". Déjà, détourner tes propres classiques, ça fait un peu mégalo. Ensuite, comme c'est Margiela, il ne fait rien et tout le monde trouve ça fantastique. Genre la robe de soirée portée en cape ; les escarpins portés dépareillés ; les gants à trois doigts ; la maxi frange gribouillée au marqueur sur la photo. ça a clairement changé ma vision de la mode ; maintenant je ne pourrai plus jamais regarder une chemise blanche sans penser à christy Turlington qui la porte comme une camisole de force !!
Les autres séries de mode sont pas mieux. Carine Roitfeld, nostalgique de ses 30 ans, en a consacré une au retour des épaulettes et du maillot de bain échancrure "épilation intégrale non optionnelle" ; la deuxième tourne autour du thème "vous avez vu, mon porte-jaretelle est assorti à la ferrari de chouchou".
Dans ce numéro on croise aussi Juliette Binoche "actrice définitive" (définitive quoi ?) ; une photo de Karl Lagerfeld quand il avait déjà des lunettes de soleil, encore les cheveux noirs et une barbe en plus (bizarrement, il ressemble assez à Jean Yann, comme ça) ; des pubs Fendi et Chanel où les mannequins ont des coupes très similaires à celle d'Anna Wintour ; Kate Moss en égérie Stella Mccartney (prête à trucider un chaton) et YSL ; tout plein de chaussures pointues (à mon avis, il devait en rester au fond des tiroirs Balenciaga, alors ils se sont "on va rajouer un demi-patin casse-gueule, comme ça elles vont ttes hurler au génie et on sera débarrassé") ; une annonce pour l'exposition Demarchelier au petit palais ; et des chouettes série sur les bijoux. D'ailleurs, en parlant de bijoux, je ne sais pas si tu as vu que Lily Cole était la nouvelle égérie Tiffany's. Ils lui ont collé un foulard sur le front genre réminiscence hippy, et le slogan c'est "some styles are legendary". Ils auraient au moins pu choisir une mannequin réellement connu pour son look (et pas parce qu'elle couche avec Jude Law) (mais pas Kate Moss).

En me baladant sur internet, j'ai trouvé de la confiture de fée que c'est trop beau j'adore l'idée :





Clique sur le lien, y'en a plein d'autres et tu vas même pouvoir découvrir le prix !!

et tu peux aussi relire le titre de l'article, pr pouvoir apprécier à juste titre son humorosité...

Friday, September 19, 2008

envy green



ouais je sais, je ferais mieux de travailler

Thursday, September 18, 2008

Monday, September 15, 2008

une minute de silence, s'il-vous-plaît



Aujourd'hui un drame atroce a eu lieu : mon jean favori a rendu l'âme, succombant à l'usure (et aussi à un gros trou trèèèèèès mal placé). Mon jean préféré, le premier jean que j'ai acheté à ma taille (une fois que M. eut dépassé sa période "je t'achète des pantalons taille 42 pr être sûre qu'ils ne soient pas taille basse"), le deuxième vêtement que j'ai acheté à Kookaï - que j'avais d'ailleurs obtenu en piquant une crise monumentale dans la cabine d'essayage parce que j'avais passé une après-midi à essayer des pantalons qui étaient "trop longs"/"trop moulants"/"trop taille basse"/"trop usés". A la réflexion c'est d'ailleurs le seul taille basse qu'il y a dans mon armoire (et qd je dis taille basse, j'entends "on voit mes fesse qd je m'assied quand je porte pas de ceinture" - ça je l'avais pas forcément montré à l'essayage...).

Mon pantalon préféré, qui m'a accompagnée pendant tout le lycée, où je l'ai porté quasiment une semaine sur deux (faut pas se demander pourquoi il est usé, tiens !) avec mon pull marron et mon haut Kookaï corail (comment ça on s'en fout ? je fais mon deuil comme je peux).

Et surtout, pourquoi, pourquoi est-ce qu'il m'a lâchée cette année ? pourquoi pas l'année dernière, quand la forme des jeans m'allaient bien ? pile l'année où les jeans sont faits pr les filles qui pèsent 40kg pour 1m70 MAIS me donnent la silhouette, au choix, d'un petit tonneau ou de "Mme Dupont, une maison en banlieu, 4 enfants dont le dernier n'a pas fini son allaitement". Maintenant je vais être obligée d'aller à Londres m'acheter un jean chez Gap. Ma vie est tellement dure.
dessin : yllya

Sunday, September 14, 2008

c'est tout à fait mon problème


dilettante

A la rentrée, je suis tjs touchée par 2 fléaux endémiques (autre que la reprise des cours, s'entend) : je deviens associale ET dilettante. Le premier n'a pas encore pointé son museau mais le deuxième est bien là. Non, j'ai pas écrit aux grands-parents, j'ai pas non plus fini mon abcdaire, j'ai mis 4h à me décider à finir mon ménage (alors qu'il me restait juste la sdb à nettoyer, plus stupide comme atternoiement y'a pas), et j'ai tjs pas écrit le CR du mariage de Carole. Par contre, j'ai pu vérifier la prononciation de "persil" et "nombril" (pour le 1er, le -l et muet, pr le 2nd c'est comme on veut - c'était l'instant phonétique, et nous accorderons tous une pensée émue à ma prof d'anglais de lycée, qui a essayé de me l'apprendre pdt 3 ans. L'eau aurait eu plus d'effet sur les plumes d'un canard) et j'ai été au ciné voir "Mamma mia" (qui est bien meilleur quand on connaît par coeur les chansons).J'ai aussi changé l'ampoule de la lampe au-dessus de mon lit. Traduction : je suis restée perchée 15 minutes sur mon lit à tenter de revisser l'applique.

Je voulais mettre à jour, mais la vérité c'est que j'écris comme un pied. La totalité des critiques de livres que j'avais écrites sont parties à la poubelle, et ça fait pareil pour le mariage

Thursday, September 11, 2008

after september comes october



Septembre, mois des school shoes, d’Elizabeth Arden et des utopies pour Camilla Morton. 10 septembre, jour de naissance d’Elsa Schiaparelli . Et depuis environ 17 ans, mais pour seulement 2 ans encore, jour de la rentrée. Qui n’était pas si mal, cette année – autant qu’une rentrée peut l’être, accompagnée qu’elle l’est de son lot de personnages désagréables et de prof portant sandales ET chaussettes. De toute façon une rentrée c’est toujours bien quand on retrouve des amis.
Et le mois prochain sera forcément bon, puisque c’est celui d’Holly Golightly, des diamants , de Tiffany’s (comment pourrait-il en être autrement ?), du vintage, des perles et de Jacky Kennedy Onassis. Quel meilleur mois pour un anniversaire ?


photo

Tuesday, September 9, 2008

là j'ai un problème.
et aucune idée de la manière dont je peux le résoudre

mes vacances qu'elles ont été trop bien tout le monde me les envie

je suis revenue début juillet en passant par la Dordogne

j'ai travaillé à la trésorerie de l'hôpital pendant 1 mois à faire des liasses de "moins de 5kg et 10cm"
j'ai fêté mon anniversaire avec presque 2 mois d'avance, et j'en ai profité pour faire l'acquisition d'un Mini Rival




























j'ai été à Paris 3 jours (et j'ai dépensé une somme d'argent proprement scandaleuse)




























j'ai bataillé avec la machine à coudre pour me faire une nouvelle housse d'édredon (adieu, housse en polyester rose)



j'ai été au mariage de Carole (comment ça, il faisait froid ?). Plus sur le sujet bientôt, d'ailleurs.



































et sinon, je n'ai absolument rien fait


Sunday, September 7, 2008

départ

Départ demain pour Toulouse.




Et c'est grandement temps.

Tuesday, September 2, 2008

Monday, September 1, 2008

10 things I hate about her

Je déteste son refus de reconnaître que porter les bons vêtements, ça facilite la vie. Et je déteste aussi son obstination à mal s’habiller, malgré près de 10 ans de lecture de Elle. Ça irait sans doute à l’encontre de son Ethique du vêtement moche, dont le manuel est offert pour tout achat d’un chemisier en polyester.

Je déteste sa manie d’économiser sur les produits de beauté : les crèmes hydratantes, le fard à paupière et même la crème solaire. Utiliser le même mascara depuis que j’ai 5 ans et attendre qu’un parfum se soit à moitié évaporer avant de le porter, elle sait faire. Profiter de l’huile prodigieuse Nuxe que je lui ai offert à Noël dernier avant qu’elle n’ait ranci, elle en est incapable.

Je déteste tout particulièrement son rire débile et hypocrite quand on a des invités à la maison. Je déteste globalement la manière dont elle se conduit dans ces cas-là, avec sa frénésie de ménage (bien sûr, ranger le placard à chaussures est indispensable, je vais enfermer la grand-mère dedans si elle me parle encore de la guerre avant le dessert), sa désorganisation maladive (franchement, qui se lève à 6h pour un déjeuner familial, et n’est même pas habillé quand ils arrivent ?) et la manière dont elle joue la mère parfaite, tellement compréhensive et proche de ses filles, alors que cinq minutes plus tôt elle nous a engueulées comme du poisson pourri parce qu’on n’avait pas sorti les dessous de bouteilles.

Je déteste encore plus son habitude de repasser derrière nous, pour vérifier qu’on a bien vider le lave-vaisselle ou suspendu correctement notre pyjama au porte-manteau. Je ne supporte pas qu’elle nous dise « il faut faire ça, ça et ça » et qu’elle nous appelle dans la matinée pour vérifier qu’on l’a fait correctement. D’abord parce que ça montre un manque de confiance parfaitement injustifié, ensuite parce que ça donne l’impression que je range ma chambre parce qu’elle me l’a demandée, alors que j’allais le faire de toute manière.

Je déteste toutes ces journées où on étend la lessive, lance une deuxième machine, ramasse le linge sec, le repasse, le range, fait tourner un lave-vaisselle, fait la poussière, et où elle arrive du bureau et nous reproche de ne pas avoir essuyé la vaisselle dans l’égouttoir.

Je déteste sa manière insupportable et ridicule de jouer les martyre silencieuse et courageuse, genre « l’évêque de Lyon dans l’arène, c’était du pipi de chat à côté de ce que moi je vis dans cette famille ». Ce qui fait que je ne supporte pas d’une manière générale les personnes qui vont passer la matinée à faire le ménage pour ensuite se plaindre que personne ne les a aidées, c’est un scandale, mais c’est pas grave parce que c’est un brave petit soldat que – oh mon Dieu ! – on a forcé à mettre le couvert tout seul.

Je déteste aussi le fait qu’elle croit qu’elle fait tout tellement bien, et qu’il n’y a pas de meilleure manière de ranger son linge ou de laver sa vaisselle. La manière dont elle essaye de m’imposer ses méthodes de rangement et de ménage dans MON appartement – parce que c’est elle qui y vit depuis deux ans, donc bien sûr elle sait quelle plaque saute et à quelle heure il y a le moins de monde à la laverie – me rend folle de rage.

Je déteste sa manière de tout ramener à l’argent, comme si c’était l’argument définitif et irréfutable : « c’est moi qui paye ton loyer, je peux bien dormir chez toi quand je veux » ; « cet album de timbre est un très beau cadeau, tu pourrais être contente » (ah ben non, parce que c’est absolument pas ce que j’avais demandé et que je me fiche pas mal des timbres) ; « c’est moi qui paye tes études, alors c’est quand même moi qui prends la décision finale » ; « c’est moi qui paye » ; « c’est moi qui paye » ; « c’est moi qui paye » ; « c’est moi qui paye » ; « c’est moi qui paye » !

Je déteste sa paranoïa permanente et ses théories du complot, qui s’étendent du gouvernement (« ah, je suis sûre qu’on nous cache encore des choses, j’aimerais bien savoir qui a touché des pots de vin dans l’affaire ») à Lucie et moi (« et puis arrêter de vous foutre de moi, si vous croyez que je ne vous entends pas murmurer » quand on n’a rien dit).

Je la déteste toutes les fois où elle nous dit – et même pas quand elle est en colère, juste parce qu’elle le pense - qu’elle regrette de s’être mariée, qu’elle a été bien bête d’avoir gâché autant d’opportunités pour ça, et que si c’était à refaire elle n’aurait sûrement pas d’enfants.

Et par-dessus tout, je déteste la façon dont elle croit qu’elle a des rapports tellement meilleurs, tellement plus proches avec nous qu’elle en avait avec sa propre mère ; dont elle croit qu’elle n’a rien à se reprocher, qu’elle a toujours été une mère parfaite et compréhensive, à qui on peut tout raconter et être sûre de trouver une oreille compatissante.

Wednesday, August 20, 2008

please leave a message


Très occupée pour cause de réunion fraternelle, mais (rassurez-vous) ça ne dure que 15 jours.

Wednesday, August 13, 2008

20 things

10 things I’m good at

1. broder – des nounours, des abécédaires, des pivoines… je suis même sûre que je coudrais très bien, si j’avais la motivation pour m’y mettre

2. retenir ce que je lis – et d’ailleurs, retenir les informations d’une manière générale. Oui, je me fiche pas mal de la vie d’Angelina Jolie, je lis juste des magazines où on en parle

3. reconnaître la marque d’un vêtement/accessoire juste en le voyant – même si dans la famille je ne suis sans doute pas la meilleure pour ça, et que je n’arrive pas à faire la différence entre un Kelly et un Birkin (que quelqu’un ranime ma sœur, elle vient de faire un malaise)

4. assortir les vêtements pour les autres – pour moi c’est une autre paire de manches…

5. faire des listes ; la liste de courses, bien sûr, mais aussi celle des livres à lire (commencée au collège), de mes prochains achats, des cadeaux à offrir, des choses que je dois faire, des choses pour lesquelles je suis douée…

6. ranger & trier : mes étagères, mes chaussures, mes papiers, mes petites culottes par couleur, mes livres par auteurs et collections (ou alors par largeur et hauteur ?)

7. l’orthographe et la grammaire – tant que je me relis, je ne fais jamais de fautes

8.
9.
10.


10 things I’m bad at

1. choisir des vêtements – en général, je finis toujours par porter un truc noir et passe-partout

2. acheter – des livres, des vêtements, des bijoux, du maquillage (ça fait 2 mois que j’hésite à acheter un nouveau mascara)

3. l’électronique – analogique ou numérique. Ça fait deux jours que je cherche le nom du truc qu’on représente par un triangle avec une entrée +, une entrée – et une sortie, et incapable de le retrouver !

4. rester calme avec M. – à chaque vacance, je me dis que je ferais des efforts, et ça ne marche jamais

5. être chaleureuse – pas de surnom, merci. Non, ne me touche pas, et reste à 5 pas, merci. C’est ça oui, parce que ça fait 5 minutes qu’on se connaît.

6. chanter – même les berceuses. Je n’ai absolument pas l’oreille musicale, et je suis incapable de reproduire une mélodie

7. .
8. .
9. .
10. .
Pour le reste, je vous laisse compléter – présentement je n’ai rien d’autre qui me vient à l’esprit.

Monday, August 11, 2008

le coeur a ses raisons...

Chaque fois que je rentre dans une librairie, il m’arrive un truc bizarre : je n’ose pas acheter de livres. Je sais très bien ce que je voudrais acheter, j’ai du commencer à faire la liste de tous les livres, vieux ou neufs, que je voulais lire en 4ème. J’erre dans les rayons en lisant les résumés, et j’ai l’impression d’être une grand-mère qui vient de vider son matelas et cherche à investir dans un placement sûr et rentable. Je suis toujours en train de me demander si ce livre sera bien, si j’aurai envie de le relire, si je ne devrai pas plutôt attendre qu’il sorte en poche. Soit dit en passant, si j’avais fait comme ça pour les 3 premiers tomes d’Harry Potter, je ne les aurais jamais acheté.

Donc je rentre dans la librairie, et là je me dis : « tiens, si j’acheté la biographie de Marie-Antoinette par Stephan Zweig, il paraît qu’elle est très bien » (et je veux réellement la lire). Et pendant que ma raison parle dans le vide, mon cœur s’est déjà carapaté au rayon poche, d’où il me hurle « chick lit ! chick lit ! » en dansant sur des couvertures illustrées par Soledad. Je suis donc repartie avec la bio d’Antonia Fraser (y’avait pas celle de Stephan Zweig), et le dernier roman de Sophie Kinsella, « les petits secrets d’Emma ». Vous voyez, je suis une grande fille toute raisonnable.

(et les petits secrets d’Emma sont très bien. Pour Marie-Antoinette, je vous raconte ça dès que je l’ai commencé)

Thursday, August 7, 2008

can't stand her

Donc, tout à l’heure, je regardais des photos de ma période collège, dans un accès de masochisme, quand M. s’est ramenée pour les regarder aussi. Elle montre une photo et me dit : « t’es pas très bien sur la photo ». J’ai failli en tomber de mon bras de fauteuil de surprise, parce que d’habitude elle est plutôt partisane du « meuh si, les lunettes rondes, la coupe carré et l’appareil dentaire t’allaient très bien ». Maos soyez tous rassurés, elle parlait juste de cette photo-là. Moi (va savoir ce qui m’a pris, si ça se trouve je l’ai confondue avec une personne normale pendant ¼ de seconde –grave erreur, on va le voir tout de suite) :

« ouais enfin y’a pas que cette photo.
-mais non qu’est-ce que tu racontes ?
- (soyons patients) au cas où tu l’aurais pas remarqué, mes lunettes étaient très moches et j’étais habillée comme un sac.
- moi je te trouvais toute mignonne. »

Soyons sérieux, je suis sortie de son utérus, la femme me trouverait mignonne même couverte de détritus de la tête au pied. Bref, la voilà qui me sort : « de toute façon, je te rappelle que c’est toi qui décidait comment tu t’habillais ». Ouais, mais deux vêtements moches acheté à Eurodif feront jamais une jolie tenue. Et puis tu vérifies toujours ce que je mets dans ma valise maintenant, alors à d’autre pour tes protestations vertueuses genre « je vous toujours laissé faire ce que vous vouliez niveau vêtements». « et puis si comme moi tu n’avais eu qu’un pull, un pantalon et une jupe, tu ne te plaindrais pas ». Tiens revoilà l’argument imparable, le « j’étais plus malheureuse que toi » ; alors là j’étais quasiment en larmes sur sa pauvre enfance malheureuse, pauvre petite dernière mal-aimée. « et puis on ne t’a jamais jeté de pierres, à ma connaissance ». Erreur, mais ça c’est juste parce que je ne te le racontais, parce que tu m’aurais pas plus aidée à l’époque que maintenant. C’est pas elle qui a du aller au collège avec ses vieilles chaussures sous prétexte qu’on trouvait exactement les mêmes en boutique, et que tous les jours pendant 5 mois tout le monde se foutait de moi parce qu’on aurait dit des chaussures de clown ; et qu’elle a refusé d’en acheter jusqu’à ce que celles-là soient percées, même quand je l’ai suppliée de le faire. J’ai toute une liste d’exemples du même acabit si ça peut la faire taire. Note qu’à ce stade j’ai plus envie de la faire taire à coup d’album photos… Et alors là, sans doute pour conclure la discussion, elle m’a sortie l’argument qui tue : « de toute façon t’étais loin d’être la moins habillée. Il y en avait qui avait l’air de guignol ». De la part d’une femme qui s’est achetée une blouse en acrylique imprimée boubou, je ne sais pas vraiment comment il faut le prendre. Et, comme elle saisit toujours la moindre occasion de développer mon esprit philosophique, elle a fini en me disant « de toute façon, quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage. Médite la-dessus ! ». WTF ? Et deux minutes plus tard elle me racontait ses problèmes de repassage, genre ça m’intéresse trop. Je ne la supporte plus. Sérieusement. Elle est incapable de voir plus loin que le bout de son nez, et de faire un minimum d’efforts pour comprendre ce que t’es en train de lui dire. Merde, ça lui coûterait quoi de dire qu’elle aurait du faire un effort ? tu parles, elle est aussi confite dans ses certitudes d’être parfaite et sans faute que dans sa graisse.

Le seul point positif dans l’histoire, c’est qu’hier, quand j’ai croisé une fille qui était avec moi au collège, je me suis « c’est pas de chance, elle a toujours des yeux globuleux et des cheveux très moches ». Moi au moins je peux regarder les photos du collège et apprécier l’évolution. On fait comme on peut pour tuer le chien, si c’est bien ce que voulait dire M.

Georgia, georgia

Il devient urgent que je quitte cette maison (au moins pour un week-end) ou que quelqu’un (style toi, ma sœur, heureuse désignée volontaire) m’y rejoigne, parce que là c’est plus possible. Tout se ligue pour me rendre la vie impossible. A commencer par le Journal du centre qui a eu la fantastique idée de proposer en avant-première le nouveau tome des Bidochon comme BD de l’été. Sans compter les deux M. (la mienne et la sienne) qui lisent le roman feuilleton et essayent de deviner le dénouement (faut les comprendre, y’a pas eu de feuilleton de l’été sur TF1). Et en plus P. pique des crises parce que, soit disant, il y a des chaussures à moi dans toute la maison (il exagère, en plus : uniquement à la cave, dans l’escalier de la cave, dans le couloir et dans le placard du couloir) ; est-ce que moi je lui fais des remarques comme quoi il a deux paires de mocassins marron ? non, je supporte comme une gentille fille. L’atmosphère ambiante commence à m’atteindre. L’autre jour, on lisait dehors et il y avait deux tourterelles qui roucoulaient sur l’antenne TV en forme de râteau du voisin (déjà, on sent l’anecdote méga-passionnante pointer le bout de son point virgule) ; une des tourterelles s’envole. Commentaire de M. : « tiens, l’autre s’est prise un râteau ». Morts de rire, on était. Il faut absolument que je fasse qqch pour remédier à cette situation.
Je pourrais entamer une grève de la faim en protestation contre ces vacances toutes beurk, mais j’ai déjà commencé involontairement, entre moi malade et tous les examens que le docteur me fait passer. Examens pour lesquels il faut être à jeun, bien sûr. Je suis sûre que quelque part dans le corps humain il doit y avoir une petite échelle lumineuse qui indique le niveau de tes réserves. Genre vert si t’en as plein, rouge+signal sonore si t’en as aucune (e.g. Nicole Richie). Si ça se trouve, mes réserves à moi sont déjà dans l’orange, voir même quasi rouge. J’ai fait part à M. de mes inquiétudes légitimes. Comme de juste, elle a eu une réaction très maternelle : « ahahah, ça risque pas d’arriver ». Toujours plus vite que toi et tes 3 bourrelets, ça c’est sûr. Bref, tout ça pour dire que mardi j’avais prise de sang à 8h. Je me lève (se lever pour une prise de sang à 8h pendant les vacances, quoi de plus motivant ?)et me dirige vers la cuisine. Et là le gravement déplumé surgit de la salle de bains comme un diable de sa boîte et me dit : « je te rappelle que tu dois pas manger de matières grasses. Mais tu peux manger du pain sec et boire du thé ». Franchement, on se demande combien de temps il était resté dans la douche pour croire que j’allais petit-déjeuner avec ça ? 18 ans, peut-être ? En plus à la prise de sang l’infirmière avait une stagiaire qui s’émerveillait sur mes veines : « oh mais comme on les voit bien ! Elles sont belles ! Je peux toucher ? » Et après on s’étonne que certains aient peur de l’hôpital !
Mais c’était pas fini. Aujourd’hui j’avais écographie abdominale à 16h15. Je pouvais plus manger à partir de 11h30. Comme de juste, j’ai complètement oublié de manger avant (faut dire que rosbeef-mayonnaise à 10h, ça me dit moyen). Donc à 16h15 j’avais méchamment faim. J’arrive dans la pièce, l’infirmier me dit d’enlever mes vêtements et d’enfiler ça à la place. « ça » c’était la traditionnelle blouse verte ouverte dans le dos ; pas de bol, elle m’arrivait aux chevilles (je suis pas sûre que ça soit le cas, normalement). Je m’allonge sur la table d’examens, il me remonte la blouse sous le menton, coince une serviette en papier dans l’élastique de ma culotte et s’en va sans dire un mot. Bon. Oh tiens, il y a une trappe au plafond ; j’espère que c’est pas celle d’évacuation d’urgence, parce qu’elle a l’air sévèrement boulonnée. Trois mille ans plus tard, le médecin arrive enfin pour me faire l’écographie. Il m’a même montrée mon foie et ma rate sur l’écran ; ou plutôt il m’a montrée des formes bizarres et je l’ai cru sur parole quand il les a identifiés. Et il a conclu en me disant que tout avait une très joli forme, foie et utérus inclus. C’est quoi, je vous le demande un peu ? la semaine du compliment tordu ?

Monday, August 4, 2008

le charme de la pêche à la carpe un jour de pluie

Il a plu tout le week-end, et il pleut encore depuis ce matin, et il a fallu que j'aille déloger le chat trempé en haut de l'armoire (ça doit bien le faire rire, quand même, de me voir gesticuler perchée sur un tabouret pour l'attraper. Si ça se trouve, c'est uniquement pour ça qu'il monte en haut de l'armoire, et pas du tout pour y dormir).
Week-end à Sens, donc. Nous avons eu l'honneur de rencontrer le seul, le vrai, l'unique, que j'appelerai ici Bidule par un souci d'anonymat. Alors comment dire ? le jour où je ramène un modèle similaire à la maison, assure-toi immédiatement que je me suis pas faite une commotion cérébrale récemment (en courant après le bus, par exemple - ah non, ça y'a que toi qui y arrive ^^). Si c'est pas le cas, tape-moi dessus très rapidement que je reprenne mes esprits au plus vite. Blague qu'il nous a sortis ce week-end : (Philippe venait de nous donner des concombres) "les concombres, ça vient du coeur et ça finit dans le --" merci tais-toi maintenant (déjà qu'avant les concombres j'aimais moyen, maintenant je pourrais plus m'empêcher d'y repenser à chaque fois...). Je crois que ça dit tout sur le personnage. J'ajouterai juste qu'il venait de passer sa nuit à pêcher la carpe (et moi qui posais des questions à table pour être polie ; ma bonne éducation ressurgit toujours aux moments les moins opportuns, vraiment)...
et maintenant, un choix cornélien s'offre à moi : Angélique ou TWW ? (d'ailleurs, j'avais acheté Volver en DVD et je l'ai toujours pas regardé ; tu veux que je t'attende ?)

Friday, August 1, 2008

trivia

j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac j'ai mon sac

(et j'ai rien à faire, au cas où c'était pas évident)

soirs d'été

Il y a des habitudes qui ne changent pas. A la maison, c’est celle de s’asseoir sur le perron l’été le soir. C’est forcément l’été : la porte de devant est ouverte, la voisine va passer nous dire bonsoir parce que c’est l’heure où elle s’ennuie, Papa mange de la glace au café, Maman a trop chaud. C’est forcément le soir : le chat est rentré et observe la rue depuis le premier étage, Papa s’endort sur le banc, Maman ne se plaint plus de la chaleur parce qu’il commence enfin à faire frais, et nous attendons que le lampadaire juste en face de la maison s’allume pour pouvoir continuer de lire. J’aime bien cet instant, quand il fait trop sombre pour lire sans lumière, mais que le lampadaire est encore éteint. Il y a toujours cette légère hésitation : est-ce que ce soir encore, la ville allumera l’éclairage public ? bien sûr que oui, d’ailleurs ; je ne me souviens pas d’une seule soirée où ce luminaire serait resté éteint.
Parfois des gens viennent nous tenir compagnie. La voisine, donc, quand elle est là et qu’elle s’ennuie ; elle passera le reste de la soirée à nous raconter des anecdotes de l’époque où elle était agent immobilier. Ou des visiteurs, quand il y en a ; te souviens-tu que, la veille de ma communion (privée ou solennelle, d’ailleurs ?), vous étiez restés à parler avec les gens déjà arrivés dehors, longtemps après que je sois allée me coucher (ça devait être ma communion privée, pour que je me couche si tôt).
Mais la plupart du temps, nous sommes seuls, juste tous les quatre. Papa est assis sur le banc et fait semblant de lire un magazine ; mais en fait, il est juste en train de s’endormir, et ne va pas tarder à aller se préparer un chocolat qu’il boira juste avant d’aller se coucher. Invariablement, Maman interrompra sa lecture pour lui dire «qu’il n’a pas vraiment besoin de ça », puis retournera lire le Figaro, dont elle nous infligera parfois la lecture orale des passages les plus scandaleux. Mais personne ne l’écoute, c’est aussi une tradition estivale.
Et nous deux, nous sommes assises sur le perron, et nous lisons les versions été de nos magazines habituels. Invariablement, Elle versera dans le magazine people (avec, cette année une rubrique psychologie ayant pour le moment débattu de « Georges Clooney est-il incasable » ou « Victoria Beckham est-elle juste une image ? ») tout mince (parce que, comme ils l’avaient expliqué une fois, « en été, votre magazine préféré fait lui aussi un régime) ; et il y a aura les traditionnels quatre romans courts qui, dès la rentrée, prendront la poussière sur un coin de mon bureau jusqu’aux prochaines vacances (mais cette année, ils ont été remplacés par un feuilleton d’AGA et une réécriture des fables de la Fontaine par Fonelle). Madame Figaro essayera de rester un peu plus sérieuse, en présentant chaque semaine une nouvelle inédite d’un écrivain qui publiera sans doute un roman à la rentrée littéraire ; et les premières pages d’un des romans de l’été. Bien sûr, dans les deux, on retrouvera les mêmes articles qui expliquent comment perdre 10kg l’été en se nourrissant de lait d’avoine et de quinoa cru, les mêmes questionnaires hebdomadaires plus ou moins drôles à un people pour savoir ce qu’il fait de ses vacances (ce qui nous permettra tout de même d’apprendre qu’Irina Lazzareazu se trouve « trop maigre, plus plate que plate et blanche comme une aspirine »), et les mêmes actrices qui auront posé sur une plage de Deauville ou de Cannes et détailleront à l’infini le contenu de leurs valises, où elles auront placé, quel heureux hasard, le maximum de produits de la marque dont elles sont égéries (Eva Green dans Madame Figaro : « je ne pourrais pas me passer de mon soutien-gorge en dentelle noir Dior, la crème or de vie de Dior et le parfum Midnight Poison ». De qui est-elle l’égérie ?).
Puis il commencera à faire trop frais, Maman se rappellera qu’elle travaille le lendemain et des ronflements discrets se feront entendre du côté du banc. On rentrera les journaux, on fermera la porte, le chat descendra à la cave et tout le monde ira se coucher. Mais c’est sans importance, parce que demain, nous passerons encore la soirée dehors, tant que le lampadaire voudra bien rester allumé et qu’il ne pleuvra pas.